lundi 26 mars 2012

Jesper Juul

           Jesper Juul est un écrivain et thérapeute familial danois dont les livres commencent à être traduits en français. Quelle chance ! Cette semaine, j'ai lu "L'art de dire non en ayant la conscience tranquille" (j'adore ce titre !) et j'ai l'élan de partager avec vous quelques extraits (les passages en gras sont en gras dans le livre) :

"Les adultes prennent souvent le non des enfants personnellement et n'entendent pas que c'est un message que les enfants s'adressent à eux-mêmes, et non pas contre les grandes personnes. Ils le font pour exprimer leurs limites, et pour que les adultes puissent prendre la mesure de cet enfant qui les aime si inconditionnellement. Ce n'est pas un motif conscient et réfléchi, mais ça vaut la peine de l'appréhender de la sorte."

"Lorsque je regarde en arrière ma vie professionnelle et ma vie privée, je peux constater que la plupart des difficultés et des conflits familiaux surgissent, entre autres, parce que les membres de la famille ne disent pas non quand ils le pensent ; lorsqu'ils n'expriment pas leurs limites et qu'ils ne sont pas clairs (...) Non pas que nous nous "refusions" les uns et les autres trop peu, mais parce que nous faisons trop peu attention à nos limites individuelles et à nos besoins, et nous finissons par en attribuer la faute aux autres."

"Je rencontre presque tous les jours des parents malheureux et frustrés, parce que leurs enfants ne les "écoutent" pas, ne "coopèrent" pas ou ne "comprennent" pas ce que les parents tentent si durement de leur communiquer. "Si tu savais combien de fois on lui a dit..." me disent-ils. Quand ils décrivent le comportement de leurs enfants, tout porte à croire qu'ils sont de mauvaise volonté, qu'ils ne veulent pas coopérer et qu'ils se moquent  complètement de ce que leurs parents leur disent. A très peu d'exceptions près, le comportement des enfants change dès que les parents trouvent les mots et les sentiments appropriés, et apprennent à les exprimer."

"Il ne s'agit pas de "bien parler" mais de s'exprimer personnellement"

" Dans la vie de famille, il n'est pas question d'avoir un gagnant, mais que tous puissent avoir, le plus possible de ce dont ils ont besoin et le moins possible de ce qui leur est nuisible."

"Dans une société de surabondance, il y a beaucoup d'exigences envers l'intégrité et la morale des parents. Les enfants demandent constamment ce qu'ils désirent le plus, la tâche des parents est de garder leur calme. La question principale est : "Est-ce que je peux donner volontairement à mon enfant ce qu'il veut, lui donner de bon coeur sans demander autre chose en échange ?" "

"C'est le plaisir de se prendre en charge et le consentement au droit de l'autre personne de faire la même chose qui rendent le non personnel chaleureux et fructueux"


"Les enfants apprennent très vite à respecter les limites et les besoins d'autres personnes quand on se sert d'un non personnel. Ce que les enfants souhaitent le plus est de coopérer avec leurs parents et ils peuvent facilement respecter leur "personne". Si, au lieu de ça, on installe des règles et des limites ou alors qu'on se réfère à l'âge ou à la tradition, les enfants sains tenteront encore et encore de tester la validité de ces règles. La conscience du fait que papa et maman pensent ce qu'ils disent (et redisent) et disent ce qu'ils pensent, voilà presque le meilleur cadeau et le cadeau le plus durable que l'on peut donner à ses enfants."

"Il n'y a pas de différence entre l'art de dire non à son partenaire adulte et à ses amis proches et l'art de dire non à ses enfants, parce qu'il est fondé sur la capacité et la volonté de chacun de se dire oui à soi-même en ayant bonne conscience. La plupart d'entre nous sommes obligés de commencer par dire oui à nous-mêmes et d'attendre patiemment que la bonne conscience commence à pénétrer la couche de culpabilité, de mauvaise conscience et d'angoisse de la perte, une couche dont l'épaisseur et la dureté peuvent être comparées au revêtement goudronné d'une autoroute. Nous sommes dans notre "bon" droit de dire oui ou non quand nous le souhaitons, mais c'est un droit que nous devons saisir de notre propre initiative. C'est très rare qu'il nous soit offert ou donné."

"C'est un secret bien gardé que la plupart des choses que nous disons aux enfants en tant qu'éducateurs ne leur font que très peu d'impression et bien brièvement. Ce qui les impressionne vraiment à long terme et ce qui les influence réellement, pour leur avenir personnel et pour la façon dont ils se sentiront eux-mêmes, ce sont nos actes. C'est la façon dont nous sommes présents dans notre vie et dans le monde qui forme des traces durables dans le développement de la personnalité des enfants. Cela signifie que l'on obtient le plus grand succès en tant qu'éducateur lorsque nos paroles sont cohérentes avec nos actes et avec notre personne."



2 commentaires:

Géraldine a dit…

ça me parle beaucoup ton expérience. Je vais essayer de le mettre en place. C'est un exercice difficile pour moi de me connecter à des sensations physiques. Merci Amanda pour ces partages :)

Anonyme a dit…

je viens de l acheter :-D pas encore lu mais pressée. tes articles me manquent, un an déjà ... ;-) do

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